Cabinet d'ostéopathie d'Arenthon
Tendinite ou tendinopathie ?

 

Concentrons-nous tout d’abord sur ces deux termes.

La tendinite est une inflammation d’un tendon. La tendinopathie est un terme plus englobant qui désigne l’ensemble des pathologies que peut subir un tendon (rupture, enthésopathie, inflammation, calcification, fissure, …).

Dans cet article nous parlerons donc de tendinopathie.

En effet, le terme tendinite est trop spécifique et ne correspond pas à une réalité histopathologique et risque de vouer à l’échec un traitement exclusivement anti-inflammatoire.

 

Les tendinopathies les plus fréquemment rencontrées se retrouvent au niveau :

  • des épaules

  • des coudes : aussi appelés « tennis elbow » pour les épicondyliens latéraux (40% des joueurs de tennis) ou « golf elbow » pour les épicondyliens médiaux.

  • des poignets

  • des hanches

  • des genoux (présent chez 20% des joueurs de football et 10% des pratiquants de course à pied)

  • des tendons d’Achille (concerne 10% des pratiquants de sport d’endurance)

 

 

La tendinopathie, c'est quoi ?

 

Les tendinopathies sont dues à la fatigue des tendons. Les fibres endommagées enflent et le tendon s’épaissit. Le tendon épaissi a des difficultés à coulisser dans sa gaine et le frottement qui en résulte provoque des douleurs et potentiellement des contractures musculaires sur la zone. Cela survient lors d’une sollicitation prolongée et un manque de repos suffisant entre deux utilisations intenses ou un frottement anormal sur une partie osseuse ou dans une gaine trop serrée.

 

 

Les causes

 

Comme pour toute pathologies et la tendinopathie n’y échappe pas, il n’y a pas un mais plusieurs facteurs responsables de la douleur.

 

Le principal d’entre eux est la non-progressivité à un nouveau stress mécanique. Si nos muscles s’adaptent en relativement peu de temps à une nouvelle activité ce n’est pas le cas de nos tendons qui ont besoin de plus de temps. Donc aller trop haut, trop fort, trop vite va générer un stress sur nos tendons qui peut se transformer en tendinopathie. Une pratique sportive ou professionnelle trop intense ou une modification des habitudes de mouvements sont donc la principale cause de survenu des tendinopathies. La progressivité doit être mise en place systématiquement, que ce soit au quotidien (échauffement avant une pratique physique) ou incluse dans un plan d'entrainement de plusieurs semaines/mois.

 

Une autre cause peut être la répétition d’un même mouvement. Mais ce facteur est à prendre avec des pincettes. Toutes les personnes qui répètent le même geste ne développent pas de tendinopathies. Il faut qu’il préexiste un terrain défavorable (une dysfonction articulaire par exemple).

 

A pratique professionnel ou sportive égale, certains vont développer des tendinopathies et d’autres non. Nous ne sommes pas tous égaux face à la nature et chacun possède sa propre et unique génétique. Cependant, il existe un certain nombre de facteurs de risques individuels sur lesquels nous pouvons agir :

 

  • un défaut d’hydratation

  • une alimentation déséquilibrée

  • le surpoids

  • le diabète

  • le tabac et l’alcool

  • certains traitements médicamenteux (antibiotiques et anabolisants par exemple)

  • une mauvaise exécution technique ou un mauvais échauffement

  • un changement de matériel, de réglage ou de terrain

 

 

Quels sont les symptômes ?

 

Ces derniers varient en fonctions de la zone du corps concernée et de l’intensité du problème. Nous pouvons dénombrer :

 

  • une apparition progressive. Plusieurs stades de sévérité ont été décrit :

Stade 1 = douleur après l’effort disparaissant au repos

Stade 2 = douleur pendant l’effort

Stade 3 = douleur continue avec gêne dans la vie quotidienne

Stade 4 = rupture du tendon

  • un œdème ou un gonflement de la zone atteinte

  • une rougeur ou une sensation de chaleur

  • une gêne fonctionnelle (difficulté ou douleur au moment de réaliser un mouvement)

 

 

Le traitement

 

Le traitement d’une tendinopathie peut être long (jusqu’à 6 mois), mais si nous sommes sérieux, elle se soigne très bien. La clé du succès dépend (presque) entièrement du patient grâce à des exercices quotidiens qu’il doit réaliser.

 

Tout d’abord, du repos mais attention, du repos relatif. C’est-à-dire qu’il doit se limiter au port d’une orthèse la nuit et à l’exclusion des gestes responsables de la fatigue du tendon, lorsque cela est possible. Le repos total serait contre-productif car il ne permettrait pas au tendon d’augmenter sa tolérance aux contraintes mécaniques et aux stimulis demandés. L’utilisation du froid peut être mise en place notamment pour son pouvoir antalgique.

 

Ensuite, il faut mettre en place une rééducation fonctionnelle le plus rapidement possible. C’est la partie la plus importante dans le traitement des tendinopathies. Elle va permettre d’exercer des contraintes très progressives sur le tendon en souffrance et c’est exactement ce que l'on recherche.

Dans un premier temps, les étirements doux seront préconisés. Ensuite il faudra faire du renforcement excentrique. Cela va permettre de réorganiser progressivement les fibres tendineuses. La règle veut que les exercices se fassent lorsque les étirements sont indolores, tous les jours, en augmentant progressivement la charge et la vitesse.

Un kinésithérapeute est le professionnel de la santé le plus à même de vous aider sur ces points-là.

 

Et l’ostéopathe dans tout ça ?

L’ostéopathe pourra agir tout d’abord en prévention. En effet, grâce à sa pratique, il peut détecter les zones du corps qui seront plus sujettes à développer des tendinopathies. Il va se servir en grande partie de l’anamnèse (interrogatoire en début de séance) mais aussi des tests de mobilités articulaires et tissulaires qu’il réalisera.

Avec les conseils de l’ostéopathe, le patient pourra mettre en œuvre une progressivité dans sa pratique sportive et professionnel.

Le traitement curatif en ostéopathie va se concentrer sur les articulations et os en relations (direct ou indirect) avec le tendon atteint. Il pourra aussi travailler les fascias qui l’entourent et agir sur sa vascularisation et son innervation. Il va aussi tout mettre en œuvre pour connaitre l’origine de la tendinopathie et faire en sorte qu’elle n’entre pas dans une chronicité.

 

Vous l’aurez compris, la guérison dépend en grande partie du patient et de la façon dont il va être acteur de sa propre santé. Mais cela dépend aussi du travail complémentaire de l’ostéopathe et du kinésithérapeute.

 

 

En résumé

 

  • SOYEZ ACTEUR DE VOTRE SANTE !!!

  • progressivité de l'échauffement et du plan d'entrainement

  • traitement antalgique par immobilisation relative et froid

  • étirement doux et renforcement excentrique

  • ostéopathie (recherche et éviction des causes et conséquence)

 

 

Sources :

https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/tendinite/traitements.html

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2007/revue-medicale-suisse-120/tendinopathies-quels-sont-les-traitements-efficaces-en-physiotherapie

https://www.osteo-auteuil.com/losteopathie-contre-les-tendinites/

https://www.institut-kinesitherapie.paris/pathologies/tendinites-tendinopathies/